Retour à l’alpha

Voici venu le temps du retour à l’alpha.
Noyés dans l’illusion certains ont fui le large
Et perdu tout leur temps dans de sombres mirages.
Voilà que vient sonner de l’oméga le glas.

D’aucuns sauraient souffrir infortune et tracas,
Sans reconsidérer quels en sont les rouages.
Mais pour nous les vivants qui parlons sans ambages,
Nous louerons Vérité telle l’unique loi.

Nous sommes donc en guerre aux dires des médias ;
Contre un virus austère avide de carnages ;
Et sous le joug malsain qui fait son apanage,
L’État gère – exégète ou sbire des magnats ?

L’État veille et protège en adoptant des lois
Que nul n’aurait permis qu’on exprime en suffrages.
D’urgence sanitaire en dictature cage
Les virtuels réseaux sont nos nouveaux carquois.

S’il nous reste une flèche à tirer dans le tas
Pour peu que nous ayons du peuple encor la rage
Et dans nos corps soumis un reste de sauvage,
C’est dans l’âme et le cœur qu’il faudra viser droit.

Voici venu le temps du retour à l’alpha.
Confinée la pensée amarrée au rivage
Des berges de la peur elle acte son naufrage.
Voilà que vient sonner de l’oméga le glas.

Nous avons consenti sans peine à mettre bas
Des enfants nés d’amour privés de maternage
Des enfants nés d’amour mais trop tôt en sevrage
Du sein si chaleureux dont nous ôtons le droit.

Nous avons consenti vaccins à tours de bras
Pour une humanité en mal de macrophages
Et avons aboli quasi tous les partages
Des graines donnant vie sans l’aide de substrats.

Nous avons consenti sans faire peu de cas
A se goinfrer de viande issue de l’esclavage
A pomper tout le lait de vaches rendues barges
A souiller nos ruisseaux de métaux scélérats.

Avant que le néant n’exalte son fracas
Tant qu’il est encor temps de dire les mots sages,
Dans cet instant pesant où tout semble sans âge
Que notre dignité brise enfin l’omerta.

Voici venu le temps du retour à l’alpha.
Que l’encre coule à flot sur moult blanches pages
Pour tracer à dessein un destin moins volage
Et remettre à zéro le compteur de nos choix.

Voici venu le temps du retour à l’alpha.

© Aurélie Païno